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La vitesse, caractéristique du mâle dominant ?

Anthony Bellanger a donné rendez-vous à Jean-Philippe Domecq, romancier et essayiste, auteur du livre « Ce que nous dit la vitesse« . Il parle des sensations que procure la vitesse automobile, « la seule que nous pouvons expérimenter avec volupté dans un monde la communication et les transports s’accélèrent« , et constate les différences entre les hommes et les femmes dans leur rapport à leur véhicule.

La mauvaise conduite est-elle liée à un excédent de virilité, à un trop plein de machisme ? La vitesse en voiture est-elle typiquement masculine ? Ce n’est surement pas aussi simple que ça, mais selon Marianne Schmid-Mast, chercheuse en psychologie, une grande partie des accidents dus à la vitesse sont quasiment toujours le fait d’hommes jeunes que les stéréotypes sociaux pousseraient à accélérer pour montrer leur virilité. Interrogée par le site tasanté.com, elle livre plusieurs constats tirés de son étude sur l’impact des mots sur la conduite automobile.

Elle a observé de jeunes conducteurs dans un simulateur de conduite. Ceux qui étaient soumis à l’écoute de mots « virils » tels que « barbe » ou « muscles » roulaient nettement plus vite que ceux exposés à des mots féminins tels que « talons hauts » ou « rouge à lèvres » ou encore à des mots neutres tels que « chaise » ou « maison ». Pourtant, aucun d’entre eux ne se souvenait des mots entendus pendant l’expérience.

Ce chercheur a continué son expérience en soumettant des conducteurs à de la musique dont les paroles sont issues du registre « macho » ou violent, tels que « force » ou « révolte » ainsi que des insultes ou grossièretés. Les automobilistes concernés faisaient beaucoup moins attention aux piétons et conduisaient nettement plus vite que ceux qui écoutaient des musiques associées à des paroles « féminines » ou « neutres ».

Dominique Ducamp, psychologue “préventeur” dans le cadre des stages de récupération de points et directeur d’Allô Permis s’est également penché sur la question pour le site motorevue.fr. Selon lui, la vitesse procure du plaisir : « des sensations très importantes, car il s’agit de dépasser un certain potentiel. Un peu comme un bébé peut sourire quand il commence à marcher, car il a plus de pouvoir dans son univers. Dans la vitesse, cette sensation de pouvoir s’accentue car plus on va vite, plus les neurones travaillent et le cerveau aime être occupé tant qu’il n’est pas dépassé. On a alors un sentiment de domination, de réaliser quelque chose de fort et cela produit des endorphines, qui correspondent à un plaisir réel. Il y a dans la pratique de la vitesse un désir de faire plus que les autres et d’en retirer du plaisir. »

Lorsqu’on lui demande si les hommes et les femmes ont le même rapport à la vitesse, il répond que « ce plaisir que peut procurer la sensation d’être au-dessus des autres est plus caractéristique du mâle dominant. Les femmes prennent leur plaisir de maîtrise ailleurs, de même que la fierté de faire mieux. Elles se placent davantage dans la réception que dans l’émission, un véhicule est davantage assimilé pour elles à un moyen de transport qu’à un moyen de « faire plus ». Il explique avoir constaté ce phénomène lors de formations en entreprise, « où pour un ensemble d’exercices donnés, on constate souvent qu’une femme va essayer d’aller plus loin dans les exercices, alors que les hommes vont essayer de les faire de plus en plus vite. Tout cela relève de généralités bien sûr. »

Mais la vitesse est surtout une caractéristique de mâle dominant quand il s’agit d’impressionner une jolie femme. La preuve :

Vidéo : extrait de « La fureur de vivre »



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