Tendances mortelles
En France, la mort c’est aussi une histoire de gros sous. Près de 540 000 décès par an, une moyenne de 3 900 euros par obsèques, un « marché » qui s’élève à 5 milliards d’euros. Longtemps figé dans le carcan de la sobriété, le secteur de la mort n’a aujourd’hui plus peur d’innover. Dernières tendances en date : la mort écolo et l’immortalité virtuelle.
La mort écolo
Le cercueil ou l’urne en carton peut permettre de faire un dernier geste envers la planète et les entreprises du secteur l’ont bien compris. Selon une étude réalisée par la SOFRES en mars 2008, 36 % des familles se sont déclarées sensibles à la protection de l’environnement et considèrent que le secteur de la mort fait partie aussi des préoccupations de la planète.
AB Crémation a créé des cercueils en carton, moins chers et surtout écologiques. Créateur d’urnes funéraires contemporaines en céramique, bois et matières biodégradables, la société Alternita Réalisations propose une urne en carton biodégradable, destinée à la dispersion ou l’enfouissement. En carton rigide et en liège (élément décoratif), il est personnalisable par motifs peint ou stickers.
La société propose aussi l’Urna Bios : pour la modique somme 133 euros, votre réceptacle enterré laissera sa place à un pin d’Alep. C’est le prix à payer pour renaître de ses cendres tel le phoenix. Même les animaux ont leur Urna Bios 100 % écolo ! De son côté, la jeune entreprise Extra-Celeste présente des urnes biodégradables en fil de coton, qui peuvent s’enterrer, et d’autres, plus pérennes, en galuchat ou taillées dans des blocs de sel, vendues entre 700 à 3 900 euros pièce, une addition plutôt salée.
La société Arbres de Mémoire offre un parc de recueillement pour ceux qui ont choisi la crémation, avec une nouvelle destination écologique et pérenne pour les cendres. En Sa Mémoire propose d’entretenir et de fleurir les tombes. L’un des leaders du marché pour la construction funéraire, Archimat, développe un projet de construction funéraire répondant aux exigences de Haute Qualité Environnementale.
immortalité virtuelle
Depuis longtemps, il existe des sites de pompes funèbres uniquement sur internet (Funéraire direct) ou encore des comparateurs de prix (obsèques-infos). Désormais, les entreprises vont plus loin. La Vie d’Après.com est un site web qui permet d’organiser l’envoi de messages avec photos, vidéos, sons et copies de documents, à ses proches après son décès. E-mylife, offre, contre 22 euros par an, de stocker du multimédia dans un espace virtuel. Ces données seront au choix envoyées avant ou après la mort à des proches par e-mail, courrier, ou encore remise en mains propres.
Une start-up vient de lancer deux services d’immortalité virtuelle en seize langues. Le premier, i-tomb.net permet de déposer images, messages, fleurs et bougies sur une tombe virtuelle et le second, i-memorial.com, propose de concevoir son futur mausolée virtuel, documents confidentiels et dernières volontés à la clé. En France, le site Jardindusouvenir.fr propose une offre alléchante : « 89 euros pour l’éternité », un « espace mémoriel illimité dans le temps ».
Certains cimetières virtuels sont même dédiés aux animaux domestiques. On trouve aussi des sites funéraires qui surfent sur la mort de célébrités telle Amy Winehouse ou sur les victimes de catastrophes comme celle du 11 Septembre (Legacy.com). Jesuismort.com, qui compte 7 800 fans sur Facebook, recense 650 lettres posthumes adressées à Michael Jackson et 280 à Jésus.


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