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La révolte a commencé bien avant 68 – suite

Deux délinquants de Louis-le-Grand

Deux délinquants s'échangent des plans pour renverser l'autorité scolaire

Voyage aux origines de la violence scolaire, pour en comprendre sa signification réelle…

Heureusement, je suis aidée dans ma quête par la revue scienceshumaines.com.

Confirmons d’emblée l’évidence : la violence des jeunes n’est reconnue en France comme un problème de société que depuis 1979, mais elle n’a rien de nouveau au soleil de l’histoire.

Au XIIIème siècle, les étudiants en collants de la vieille Sorbonne s’élançaient comme des paons à l’attaque des bourgeois, de la police du prévôt de Paris ou des moines de l’abbaye de Saint Germain-des-Prés.

La violence des jeunes excède la notion de délinquance, elle exprime une incompréhension, une révolte. Au XIXème siècle, ce sont les rebelles de Louis-le-Grand qui se mutinent, à huit reprises entre 1815 et 1883, souvent jusqu’à nécessiter l’intervention de la police.

Selon l’historien Gustave Dupont-Ferrier en 1922, ces épisodes prenaient leur source dans la coercicion exercée par l’autorité scolaire : « La discipline de la maison ne triomphait que par la force et n’agissait pas sur la conscience ».

Les temps changent. La violence des lycéens de Louis-Le-Grand n’est pas celle des collégiens de Vitry. Les élèves et leur parole circulent plus librement. Mais on peut se demander si l’incivilité quotidienne connue par quelques établissements français ne sont pas l’aveu du même échec. Celui d’un système scolaire incapable de légitimer son ordre. Une « maison » peu compréhensible et par ce fait (et non par le manque de miradors autour du préau) pas très rassurante.

« La discipline de la maison ne triomphe que par la force (de l’exclusion) et n’agit pas sur les consciences ».

Louis-le-Grand, Vitry, la Sorbonne : même combat ?

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