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Cette semaine : où vont nos poubelles ?

Adepte du tri sélectif, le Blogueur enquête en Autriche, championne européenne du compostage et du nombre de poubelles par foyer ; en Italie, où les miasmes de Naples ne doivent pas masquer les initiatives citoyennes ; et en Alsace, département frontalier exemplaire où moins on produit de déchets, moins on paie.

Sur le web, on part à la rencontre d’un rudologue, sorte de sociologue des déchets, pour faire un état des poubelles en Europe, on visite un tout nouveau centre de tri au cœur de Paris, on se rend à Taïwan pour écouter la musique des camions poubelles et on vous présente la « fun theory », ou l’art d’inciter les gens à agir pour leur planète en les amusant.

Mais on parle aussi de chiffres, car un jour peut-être, le Vieux Continent sera débordé par ses déchets et on l’appellera le Puant Continent : 513 kg de déchets municipaux ont été générés par personne en 2009 dans l’Union européenne. Le poids par habitant variait de 316 kg en République tchèque et en Pologne à 833 kg au Danemark. En moyenne, 504 kg de déchets municipaux ont été traités par personne la même année selon différentes méthodes : 38 % en décharge, 20 % incinérés, 24 % recyclés et 18 % compostés (Eurostat). Et les projections statistiques ne sont pas encourageantes : si rien n’est fait d’ici 2020, l’Europe produira alors près de 50% de déchets de plus qu’en 1995. Beurk !

Une fois n’est pas coutume, en matière de gestion des ordures, la France fait figure de précurseur. Le terme poubelle provient, par antonomase, du nom de son inventeur en 1884 : le préfet de la Seine Eugène Poubelle. Ce nom de famille, Poubelle, a lui-même pour origine l’expression pou bel (« peu beau »). Le 7 mars 1884, sous la IIIe République, Eugène signe un arrêté préfectoral relatif à l’enlèvement des ordures ménagères, pour lutter contre l’entassement des déchets dans les rues de la région parisienne. Les propriétaires parisiens devaient alors fournir « un récipient de bois garni à l’intérieur de fer blanc » à chacun de leurs locataires.

Très vite, l’emploi de poubelles s’est imposé en France dans chaque commune et chaque foyer, puis dans tous les pays industrialisés qui ont adopté le principe du ramassage des ordures. Depuis, de l’eau (usée) a coulée sous les ponts. Nous les Européens, avons pris conscience qu’en plus d’avoir un coût, les déchets ont une valeur. Tel des phénix renaissant de leurs cendres, nos déchets se réincarnent en matières premières industrielles. Mais cette seconde vie n’est pas toujours soumise à une revalorisation. Il suffit de se rendre porte de Montmartre pour comprendre qu’il existe un véritable commerce du gaspillage : un marché de sauvage fournit des chômeurs, des retraités, des étrangers en situation précaire, ou toute personne qui n’a pas les moyens de s’alimenter par des voies plus conventionnelles. Dans le reportage, une vendeuse révèle le secret de son business : « On va chercher tout ça à la sortie des magasins. Ce sont les vigiles qui me les donnent. Et comme ils ont pas le droit de me les donner dans les magasins, ils me les mettent dehors dans des sacs plastique« .

Devant une telle menace, certains maires « courageux » ont pris le taureau par les cornes : l’UMP Jean-Paul Martinils a fait interdire les fouilles dans les poubelles de Nogent-sur-Marne, afin de protéger les honnêtes riverains avant de se rétracter à moitié devant la polémique suscitée par son initiative. En août, le maire UMP de La Madeleine, dans le Nord, avait pris ce type d’arrêté et l’avait même fait traduire en roumain et bulgare, provoquant l’indignation dans la région. Mais il n’y a pas qu’en France que les hommes politiques font preuve de courage. Un Allemand de 52 ans doit se défendre devant la justice car il voulait manger des biscuits jetés à la poubelle d’une boulangerie. Le propriétaire du commerce a porté plainte contre lui. Il est accusé de leur avoir « piqué » quinze paquets de biscuits et un seau de viennoiseries en 2010.

On trouve vraiment de tout dans les poubelles d’Europe.


Revue du web : vie d’ordure

Zimbabwe : poubelles roses au pays de l’homophobie

Le Centre des droits sexuels (Sexual rights center/SRC) pensait bien faire. Début décembre, cette association gay-friendly a offert vingt poubelles à Bulawayo, la deuxième ville du Zimbabwe, qui peine à gérer la collecte des ordures, menaçant de provoquer une crise sanitaire. Mais les réceptacles métalliques, frappées du logo du Sexual Rights Centre, sont de couleur rose. Trop connoté, selon certains. Samuel Moyo, secrétaire général d’une association de résidents a expliqué : « Le sujet des gays et lesbiennes est un problème national très polémique et la mairie était donc sensée consulter la population, puisque accepter ce don pouvait être mal interprété et signifier que les autorités locales sont en faveur des droits des homosexuels. » Une députée du MDC vient de passer sept jours en prison après qu’elle a été accusée d’avoir prêté « des relations homosexuelles » au président Robert Mugabe, qui a récemment réitéré que les homosexuels étaient « pires que les porcs et les chiens. » Lire l’article sur Rue89, voir le reportage de l’AFP sur youtube.

Paris : la chasse aux mégots

Lancée fin septembre, la nouvelle campagne propreté de la ville avait déjà annoncé la couleur : « Paris met les pollueurs à l’amende ». Après les crottes de chiens, les encombrants, les papiers gras, la mairie veut maintenant s’attaquer aux mégots. Les fumeurs qui jetteront leur mégot de cigarette au sol risqueront bientôt une amende de 35 €. Lire l’article sur France soir.

L’Europe condamne la ville de Naples

L’incapacité de l’État italien à régler la crise des ordures qui sévit depuis 18 ans dans la région de Naples constitue une violation du droit au respect de la vie privée et familiale, a estimé ce mardi la Cour européenne des droits de l’homme. La juridiction du Conseil de l’Europe avait été saisie par 18 personnes résidant ou travaillant à la commune de Somma Vesuviana, qui estimaient que ce problème endémique mettait leur vie en danger et nuisait à leur qualité de vie. Si la Cour ne les suit pas sur le premier point, faute de preuves scientifiques et de pathologies alléguées par les requérants, elle leur donne raison sur le second en condamnant l’Italie pour atteintes à l’environnement et au cadre de vie. Lire l’article sur 20minutes.fr.

Les robes de la discorde

Une boutique de robes de mariée du Minnesota appartenant à la chaîne David’s Bridal, a décidé de jeter des dizaines et des dizaines de robes pour cause de faillite. Dans la poubelle notamment, une robe Vera Wang d’une valeur de 6.000 dollars. Devant les nombreuses réactions scandalisées des internautes, la chaîne a présenté ses excuses et a affirmé que les robes jetées allaient être récupérées et évaluées. Certaines seront offertes à des œuvres de bienfaisance. La boutique accusée a expliqué qu’elle n’avait pas donné ces robes parce qu’elles étaient abîmées ou sales. » Lire l’article sur 7sur7.be.

Capitaine accroché

Philippe Florent a perdu son doigt dans un accident du travail survenu le 6 décembre dernier. Éboueur de profession, c’est en ramassant les poubelles à Bois-de-Lessines que le malheur est arrivé. Ce jour-là, il n’a pas vu qu’un crochet métallique avait percé un de ses sacs poubelles. Lorsqu’il l’a saisi, le crochet a également traversé son gant de protection et est allé s’accrocher à l’alliance de Philippe. « J’ai lancé le sac une première fois mais il est retombé. La deuxième fois, j’ai ressenti une douleur fulgurante », a-t-il expliqué à nos confrères de SudPresse. « J’ai été opéré à Ath mais ils ont dû m’amputer », a-t-il ajouté. Lire la brève sur Rtl.be

Crade terre

Le « cratère » qui s’est ouvert à Vervins, sur la place de la Mairie, aurait pu être fatal à l’éboueur, qui était en train de faire son travail, au dos du camion de ramassage des ordures ménagères. Plus de peur que de mal, cependant, ce mercredi, à 5 heures du matin, sur cette place centrale de Vervins. Le camion-poubelle est alors sur le départ, lorsqu’un pan de l’enrobé s’effrite sous ses roues, entre le pas-de-porte de la pharmacie et celui de l’opticien. Le véhicule reste droit mais trois de ses roues sont prises dans la cavité. Il faudra attendre que la dépanneuse hirsonnaise vole à son secours, une petite demi-heure plus tard, pour l’en extraire. Lire l’article sur l’Union.presse.fr.

Mathieu Durand : « On se préoccupe de plus en plus de nos déchets »

La rudologie  a été créée à la fin des années 1980 par Jean Gouhier qui a réalisé la première thèse sur le sujet en 1972, établissant une carte géographique des déchets français. Depuis, il a fondé l’institut de rudologie (Université du Maine) au Mans. Mathieu Durand est maître de conférence d’aménagement du territoire et à ce titre rudologue. Pour Le Blogueur, il passe en revue les différentes manières de traiter les déchets sur notre planète.

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C’est quoi la rudologie ?

La rudologie est l’étude des déchets, mais envisagée plus largement que par son aspect technique. On prend tous les autres aspects de la société en considération : l’économie, le juridique, le politique, l’histoire, le territoire. Pour devenir rudologue, il existe une formation à bac plus 5 à l’université du Maine depuis 16 ans. C’est le Master «Politiques territoriales de développement durable option ingénierie des déchets». Il accueille des étudiants au parcours à bac plus 3 ou 4 qui proviennent de filières différentes : biologie, sociologie, géographie, droit, économie, architecture… L’ Université du Maine organise d’ailleurs un grand colloque sur ce sujet les 15 et 16 novembre 2012, en collaboration avec le CNRS et la chambre de commerce du Mans.

Définition de Jean Gouhier parue dans la revue des étudiants de l’école de journalisme de Strasbourg, le News d’Ill d’Avril 2011, « Débordés par nos déchets » : Notre démarche est de lire la société depuis les coulisses du théâtre économique et social. La rudologie est l’étude des marges. Aussi bien les matériaux que les défécations ou les gens. Une marge peut être économique, technique ou sociale. Cette science a deux aspects : le premier consiste à projeter sur une carte la nature des ordures et leur importance. C’est grâce à ces cartes que la France a été pionnière dans l’organisation des collectes de déchets. Elles ont permis de les rationaliser selon les quartiers. Le second aspect consiste en une étude de l’échelle sociale des poubelles, pour révéler les comportements domestiques. La rudologie indique tous les gestes réels d’une société et non ses intentions, contrairement aux enquêtes et aux sondages.

Est-ce que la question du traitement déchets est aussi importante partout en Europe ?

On se préoccupe de plus en plus de nos déchets alors qu’après le XIXème siècle, on pensait que le citadin n’aurait plus à s’en soucier, grâce à l’action des municipalités. On s’aperçoit aujourd’hui que la participation des individus, notamment pour le tri, est importante. Il y a une prise de conscience qui va de pair avec les politiques environnementales. En Europe, on observe des différences selon les zones géographiques. Les pays du nord tentent de diminuer la mise en décharge qui ne permet pas de revaloriser les déchets et de privilégier le recyclage. La France est plutôt dans une position moyenne haute en termes de recyclage par rapport au reste de l’Europe alors que les pays scandinaves sont exemplaires. Dans l’Union européenne, 513 kg de déchets municipaux ont été générés par personne en 2009. La quantité générée par personne variait de 316 kg en République tchèque et en Pologne à 833 kg au Danemark. En moyenne, 504 kg de déchets municipaux ont été traités par personne en 2009 selon différentes méthodes: 38 % ont été mis en décharge, 20 % incinérés, 24 % recyclés et 18 % compostés (Eurostat).

Et dans le reste du monde ?

La mise en décharge qui consiste à enfouir les déchets, contrairement au recyclage qui les valorise, est plus importante dans les pays du Sud. Toutefois, la valorisation, la gestion et le recyclage des déchets sont de plus en plus importants dans ces pays, notamment du fait des recycleurs informels. Quand une nouvelle politique de recyclage est mise en place sur une commune, on constate généralement dans un premier temps, un accroissement de l’intérêt de la population. Mais ensuite, l’engouement tend à retomber si les responsables de la gestion des déchets ne le stimulent pas à travers des politiques de sensibilisation. J’ai beaucoup travaillé en Amérique du Sud. La-bas, on dit souvent que « les déchets c’est de l’or ». Mais il faut d’abord revaloriser les déchets avant qu’ils prennent de la valeur et cette revalorisation a un coût. Au départ, le coût d’un déchet est donc toujours négatif.

Jean Gouhier a dit : On traite nos déchets comme nos marginaux. Êtes-vous d’accord avec ce constat ?

Je suis d’accord, même si les choses sont en train de changer. Les centres de traitement des ordures sont souvent localisés à la périphérie des villes, à proximité des quartiers populaires, là ou se trouvent les populations les plus marginales. Mais cette tendance est moins vraie en Europe que dans les pays du sud. Le modèle européen de gestion des services publics a souvent fait office d’objectif à atteindre pour la plupart des pays. Mais l’idée d’un fonctionnement différent commence à émerger.

Justement, assiste t-on à une uniformisation du traitement des déchets, ou voit-on apparaître des méthodes alternatives

On commence à repérer des alternative au système de gestion municipale qui se développement dans les pays du sud, mais également en Europe. Le système de gestion devient « composite ». La gestion par la collectivité n’est plus forcement considérée comme la norme. Et on commence à privilégier la réutilisation plutôt que la revalorisation. Au lieu de recycler, on récupère, on répare et on réutilise, sans que le produit ne passe par le statut de déchet et sans le transformer en produit industriel. Cela est mis en valeur par certaines pratiques. Il y a beaucoup de « recyclage informel » en Amérique du Sud. En France, certaines associations ont depuis adopté ce système, comme Emmaüs qui récupère et réutilise les objets. Mais c’est encore émergent. Il s’agit tout simplement du bon vieux système de « récup » mais avec des pratiques sans risques sanitaire contrairement aux pratiques de la période antérieure au XIXe siècle.

Avec l’accroissement de la population mondiale, risquons nous d’être débordés par nos déchets ?

Plus la population croît, plus il y a de déchets ; pendant longtemps, plus le PIB augmentait, plus les déchets produits étaient nombreux, c’est vrai. Mais aujourd’hui, cette tendance commence à s’inverser dans certains pays. En France, par exemple, nous diminuons notre volume depuis 2008. Cela s’explique par des directives européennes qui ont impulsé ces dynamiques, créant toute une série de réglementations qui touchent les entreprises. Il y a encore beaucoup trop d’emballages superflus, mais globalement, on a enrayé la tendance. Le Grenelle de l’environnement est à l’origine d’une série de mesures élaborées en 2009 pour inciter à revaloriser les déchets.

Les campagnes de tri pour les enfants

Le Blogueur vous a préparé une sélection de campagnes qui incitent les enfants à jeter, trier, recycler. Une reprise de « The Magic Number » de De la Soul interprétée par Jack Johnson, des faux rats qui chantent, des cannettes aventurières, il faut bien ça pour changer le monde.

1, rue Sésame est le nom de la version française et originale de l’émission télévisée éducative américaine pour enfants Sesame Street, coproduite par Children’s Television Workshop (rebaptisé Sesame Workshop en 2000) et TF1 et diffusée à partir de 1978. Elle a été précédé par Bonjour Sésame en 1974, la version américaine doublée en français. Sesame Street, la version américaine, toujours en production et diffusée, a été créée le 10 novembre 1969 par Jim Henson et sa musique est de Joseph Raposo.

Comme son nom l’indique, « Let’s go green » tente de vous amener à l’écologie avec des blagues et des chansons. « Recycle it » est sans doute leur tube le plus connu de la joyeuse bande composée de Murray Orrick, Randy Phillippe, Scott Urquhart.

Keep Britain Tidy est une campagne britannique orchestrée par une organisation gouvernementale. Leur slogan d’une grande originalité signifie : « garder l’Angleterre propre ». Une initiative censée « réduire les comportements antisociaux ». Ne perdons pas notre sang froid.

Créée par Josh Drake pour un CD Rom d’initiation aux problématiques environnementales pour les enfants (EnviROM Education), The Tiny Tin retrace l’histoire d’une canette personnifiée dans l’univers du recyclage. Le résultat est … bizarre !

La chanson des trois R interprétée par Jack Jonson, le surfeur de ces dames, s’adresse aux enfant dans un message clair : « Réduire, Recycler, Réutiliser. Une recette efficace, et un titre largement inspiré de « The Magic Number » de De La Soul.

Il y a une vie après le bac (jaune)

Le Blogueur s’est rendu à Balard, pour vous faire visiter  le premier centre de tri « intramuros » de l’ histoire de la capitale, caché derrière le périphérique entre l’héliport de l’Aviation civile et le siège de Microsoft, à la lisière d’Issy. Ce centre accueille le contenu des poubelles jaunes de 350 000 habitants des XIVe et XVe arrondissements, soit 15 000 tonnes par an. Vous allez donc suivre les parcours de vos papiers usagés et autres bouteilles vides qui vous manquent tant une fois que vous vous les perdez de vue.

Taïwan : ce soir je serai la poubelle pour aller danser

Crise oblige, l’Europe va devoir songer à un service public moins onéreux. Nos dirigeants appellent cela la rigueur. On économise dans tous les secteurs, on se serre la ceinture, on tourne son portefeuille au moins sept fois dans sa poche avant de dépenser le moindre euro. Mais il suffit parfois de voir un peu plus loin que le bout de sa fonction publique pour comprendre qu’on peut économiser de l’argent, de manière ludique, utile, tout en assurant un service cohérent aux citoyens. A Taïwan, tous les soirs, un camion poubelle annonce son arrivée aux résidents par une petite musique douce et entraînante. Les Taïwanais n’ont plus qu’à venir déposer leurs différentes poubelles directement dans la benne située sur le véhicule.

Passionnée par l’Asie, Priscilla s’est lancée dans le projet fou de trouver du travail à Taïwan, armée de son seul CV et d’un sac à dos. De la constitution de son projet à la découverte du pays, en passant par les difficultés administratives, les doutes et les réussites, elle fait partager son expérience sur son blog. Elle raconte qu’elle n’a pas tout de suite compris à quoi servait ce ghetto blaster monté sur roues : « Tous les soirs, les camions poubelles arpentent les différents quartiers de la ville, à grand renfort de musique ( »Lettre à Elise » notamment) et moi qui pensais qu’il s’agissait du camion de glace et me précipitait avec ma monnaie, l’eau à la bouche, j’ai vite déchanté. Tous les soirs, les habitants de chaque rue sortent leurs poubelles à une heure précise, et j’insiste sur le pluriel de poubelles et de camions, car il existe ici trois catégories de déchets, donc autant de camions : les recyclables (plastique, cartons, papiers etc.) qu’à défaut de donner à la municipalité je préfère confier à la petite vieille dame qui peut se faire un peu de sous en les revendant; la nourriture, elle-même divisée en « cuisinée » et « non cuisinée ». J’ignore la destination de la première, mais la seconde est utilisée pour faire du compost. »

Puis elle a finit par s’acclimater : « Et enfin le reste, et c’est là que je me suis posée des questions pendant un mois. Ma propriétaire avait insisté sur le fait que je devais acheter des sacs bleu clair. J’ai fait trois magasins sans en trouver un seul, il y en avait des jaunes, des verts, des roses, mais de bleu clair, nada ! Ce n’est qu’après un mois qu’une voisine m’a expliqué par langage des signes interposé que je devais demander ces fameux sacs à la caisse. Estampillés par la municipalité, ils se trouvent dans un coffre, et non à la vue de tous. Hallucinant. Ils comportent même un hologramme, comme les billets de banques. Quand on connaît leur destination finale et leur prix dérisoire, on se demande pourquoi tant de précautions. Je ne saurais encore vous répondre. Mais voilà comment, tous les soirs, je tape la discute avec mes voisins en attendant le camion poubelle… »

Taïwan novatrice et ambitieuse en matière de gestion environnementale. Pour minimiser l’impact écologique crée par les déchets, les pouvoirs publics de Taipei, la capitale, vont distribuer gratuitement des enregistrements de pétards sur CD pour tenter de limiter les habituelles nuisances sonores et environnementales du Nouvel An chinois. « Non seulement les pétards font du bruit et polluent l’air mais les pétards explosés souillent l’environnement. Nous exhortons la population à s’en passer« , recommande un message de la ville. Les pétards et autres feux d’artifice font partie de la culture chinoise. Selon de très anciennes croyances, leur bruit assourdissant éloigne les esprits malins pour l’année à venir. Le Nouvel An lunaire est fixé au 22 janvier cette année.

Le Nouvel an taïwanais est mondialement connu pour ses feux d’artifice

L’actualité des détritus ne s’arrête pas là pour les Taïwanais. Alors que le pays est l’un des plus gros consommateurs de bouteilles en polyéthylène téréphtalate (PET) au monde, ses 23 millions d’habitants en utilisant chaque année 4,6 milliards, celles-ci peuvent être revalorisées pour fournir du matériel de construction. EcoARK, un pavillon conçu spécialement pour l’Exposition internationale de Taipei par la société MiniWIZ, a été entièrement construit avec des bouteilles PET recyclées. La construction du bâtiment écologique, financé par le groupe taiwanais Far Eastern, a permis le recyclage de 1,52 million de bouteilles en plastique.

Fun theory, un concept qui se recycle

Vous pensez que l’écologie ne peut-être associée au glamour, que les personnes respectueuses de la nature ont forcément des poils sous les bras, que les gens qui veulent sauver la planète ont toujours des grosses lunettes et un déficit remarquable de sens de l’humour, bref qu’être écolo c’est chiant. Et bien devinez quoi, vous avez tort.

Oubliez toutes ces campagnes pessimistes et ultra-sérieuses, Volkswagen a trouvé la solution pour vous rendre vertueux sans vous donner l’impression d’effectuer une corvée. Les inventeurs, marketeurs, comploteurs de la célèbre entreprise ont bien cerné la nature humaine en permettant au petit peuple de la consommation de joindre l’utile à l’agréable. The Fun theory, un concept qui consiste à amener les gens à se comporter de manière plus responsable par le fun. LOL !

La marque automobile allemande a créée le Trophée « Fun Theory » qui récompense les idées et les inventions qui sont dans l’esprit de la « Fun Theory », autrement dit, celles qui montrent que le jeu est le meilleur moyen d’inciter les gens à modifier leurs comportements. L’initiative a reçu énormément de projets. Et pour cause, le constructeur automobile offrait 2500 Euros au meilleur inventeur. Ne soyons pas naïfs, le but premier de ce concept est de créer un buzz autour de la marque afin de lui associer les valeurs positives de l’écologie et de l’humour et de l’innovation. Mais au regard des résultats engendrés par sa mise en application, on se dit que les pouvoirs publics feraient bien de s’en inspirer.

La banque à bouteille est une poubelle qui permet de gagner des points selon en fonction du nombre de bouteilles insérées et du trou choisi pour les jeter. Dès sa mise en place, des centaines de personnes se sont précipitées pour l’utiliser, ce qui a permis de considérablement augmenter la récolte de verre.

Sur cette poubelle, un système a été fixé pour émettre le son d’une chute interminable lorsque les gens jettent leur déchets. En l’espace d’une journée, 72 kilos d’ordures ont été collectés, soit 41 kilos de plus que la poubelle la plus proche.

Ici, les poubelles nous mettent au défi avec la bonne vieille recette des sports de balle. Lorsque le déchet atteint sa cible, son but ou son panier, un tableau électronique marque le score comme dans un vrai match de pros.

Pour éviter de vivre dans un monde qui colle, le collecteur de chewing-gums met à disposition des petits papiers pour emballer sa pâte à mâcher sans polluer l’environnement. Tout simplement.

Et puis le grand classique, la poubelle qui chante !

Cette semaine : la vitesse, c’est dépassé ?

Albert Einstein

Peu chauffard par nature, le Blogueur enquête dans la très sécuritaire Grande-Bretagne, où l’on parle de relever les vitesses sur autoroute ; en Allemagne, où les grosses berlines pied au plancher restent une fierté nationale ; et en France, championne d’Europe d’un ralentisseur miracle : le rond-point !

Sur le web, on vous raconte la légende urbaine de Ghost rider, un fou du guidon que rien ne semble arrêter, on vous montre que les politiques sont parfois des chauffards hors pair, on s’intéresse au rapport entre vitesse et virilité et on vous parle du Coyote, cet avertisseur de radar qui a édulcoré son vocabulaire sous la pression du gouvernement.

Le Petit Robert de la langue française définit la vitesse comme « le fait ou le pouvoir de parcourir un grand espace en peu de temps« . Mais l’histoire de la vitesse, c’est avant tout l’histoire de la manière dont on mesure le rapport entre le temps et l’espace. Les études sur la lumière en disent beaucoup sur l’acharnement des hommes à comprendre et percevoir la vitesse. Depuis le moment où l’on a commencé à mettre en doute l’instantanéité de la lumière à celui où sa vitesse est devenue une constante scientifique, il se sera écoulé dix siècles. C’est cette longue histoire, pleine de rebondissements qu’entreprend de raconter, ici, Jamy, l’animateur du magazine « C’est pas sorcier » dans un style bien pédagogique qui n’appartient qu’à lui.

Jamy raconte l’acharnement des hommes à mesurer la vitesse de la lumière (C’est pas sorcier)

Cette histoire semble loin d’être terminée, et les chercheurs ne sont pas au bout de leurs peines. Récemment, des physiciens du CNRS (Centre national de la recherche scientifique, France) et du CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) ont fait une découverte révolutionnaire. Des particules élémentaires (neutrinos) ont été mesurées à une vitesse supérieure à celle de la lumière. Une véritable remise en cause de la théorie de la relativité d’Einstein puisque celui-ci affirmait qu’une vitesse supérieure à celle de la lumière ne pouvait exister. Bientôt, nous découvrirons peut-être qu’à défaut d’être ronde, la Terre est dodécaèdre !

Mais la vitesse, c’est aussi une question d’attitude. À force de toujours vouloir se grouiller, on en oublie parfois de prendre son temps pour faire la lumière sur certaines vérités. Heureusement, ceux qui s’en chargent pour nous ne sont pas toujours des illuminés. Paul Virilio, 78 ans, urbaniste d’origine, est devenu sociologue et philosophe à force de penser inlassablement la vitesse. Depuis 1977, date à laquelle il a publié Vitesse et Politique, essai sur la dromologie (l’étude du rôle joué par la vitesse dans les sociétés modernes, voir le blog qui lui est consacré), il réfléchit à l’accélération du monde et à ses conséquences sur l’homme, l’économie, l’environnement, la géopolitique. Il considère la vitesse de la lumière comme « une des trois composantes principales de notre monde globalisé avec la vitesse supersonique des avions ; celle du TGV ou des ascenseurs, sans lesquels on ne peut concevoir les tours. »

Interrogé par Libération, il décrit les conséquences de l’irruption du Volcan islandais qui a ébranlé un de ces trois piliers : « Le volcan a signé l’échec de la vitesse supersonique au nom du principe de précaution, ce qui a déclenché l’invention d’un nouveau type de réfugiés : les réfugiés touristiques. C’est un événement considérable dans l’histoire de la civilisation. Les touristes utilisent essentiellement l’avion, or, le tourisme est une puissance colossale de financement et de mélange de populations. Avec le volcan, la mondialisation a été attaquée dans l’une de ses trois vitesses. »

Au risque de passer pour une grand mère nostalgique et réactionnaire, Le Blogueur se pose une question : Peut-on encore associer la lenteur à des valeurs positives dans notre société moderne ? Y a t-il encore de la place pour la réflexion, la patience, le flirt ? Peut-on encore prendre son temps pour contempler, savourer la vie à son rythme sans être focalisé par la nécessité systématique de gagner du temps ?

Laurent Baffie nous montre en tous cas, qu’en terme de vitesse, il est parfois bon de relâcher un peu la pression.

La fausse mue du Coyote

Reportage avant le changement de législation

Il a beau avoir changé d’appellation, face aux radars, le Coyote fait toujours bip bip. La société Coyote System, qui revendiquait le titre de principal concepteur français d’avertisseurs de radars se félicite d’être devenu le premier fabriquant « d’assistants d’aide à la conduite » en ayant, dès le mois de novembre, purgé les systèmes installés des programmes interdits. Mais si le vocabulaire change, la fonction reste la même, à peu de choses près.

En 2005, année de sa création, la société Coyote System ne s’en cachait pas. Elle fabriquait des détecteurs de radars en toute légalité. Près de 60 millions d’euros de chiffre d’affaire en 2010, plus d’un million d’abonnés en France, une application placée au troisième rang des plus téléchargées sur I-phone avec près de 40 000 abonnés en plus chaque mois, l’entreprise qui emploie une quarantaine de salariés a longtemps coulé des jours heureux.

Mais pour le Nouvel an, le gouvernement a annoncé par la voix du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, une batterie de nouvelles mesures répressives pour les automobilistes. En tête de liste, l’interdiction pure et simple des avertisseurs de radar, jugés dangereux pour la sécurité routière. Selon le Journal Officiel de mercredi, « la détention, le transport et l’usage des avertisseurs de radars sont interdits« . L’utilisation d’appareils non conformes détectant les radars sera sanctionnée par une amende de 1500 euros et 6 points de retrait de permis.

Contrairement à Navx, une société concurrente qui a portée l’affaire devant le conseil d’État, le PDG de Coyote System a décidé de faire le dos rond devant la menace de suppression du produit, et a repositionné son appareil sur le marché. « Nos 1,6 million de clients ont reçu en novembre sur leur installation le message suivant: « Mise à jour de votre logiciel pour mise en conformité » et depuis ce moment nous ne signalons plus les radars mais les zones de danger explique-t-il. Ces zones de danger sont celles où sont installées des radars ou celles que le gouvernement nous indique, elle sont longues de 4 km sur autoroute, de 2 km sur route et de 300 m en agglomération« , poursuit M. Pierlot. En clair, l’avertisseur est désormais moins précis mais tout aussi efficace. Il détecte toujours les radars, même si la communauté d’utilisateurs a le loisir d’indiquer « les autres dangers ». Sauf qu’il indique une fourchette réduite à 4km pour le localiser.

Désormais, voici ce qu’on peut lire sur son le site officiel : « La solution Coyote a pour objectif de contribuer à la sécurité et à la prévention routière en incitant ses utilisateurs à respecter la législation en vigueur ». D’appareil dangereux pour la sécurité publique, le Coyote serait devenu, en un tour de passe passe, « un instrument de prévention » routière, qui contribue à la sécurité, aide à la conduite, « anticipe les dangers« . Sur une publicité qui apparaît dans le journal Le Monde, la société va plus loin : ses informations sont pertinentes et font profiter les automobilistes « des avantages conjoints de la technologie et du fonctionnement communautaire« . On se doute bien que les nouveaux acquéreurs du petit boîtier ne l’achèteront pas pour détecter les radars, mais pour éviter de percuter un sanglier ou de s’engager sur un pont qui s’écroule.

High speed photography, capture à très grande vitesse

Le high speed photgraphy, ou photographie à grande vitesse consiste à prendre des photos de phénomènes trop rapides, pour être regardé à l’œil nu. Les principales difficultés pour le photographe consistent à figer le bon moment tout en réduisant le flou. Le Blogueur a concocté un diaporama de quelques pépites à grande vitesse trouvées sur le net.

Le site virusphoto.com propose une méthode pour prendre ce type de photos à la maison.

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